Abrégé des 6 méditations
René Descartes
Méditations métaphysiques
/ Abrégé
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Les Méditations métaphysiques
:
son grand oeuvre

Portrait de Descartes par Weenix, Musée
d'Utrecht
La formulation la plus exacte du Cogito
n'est pas le Je pense donc je suis du
Discours, mais se trouve
plutôt dans les Méditations métaphysiques,
d'abord publiées sous le titre:
Méditations sur la philosophie première, dans lesquelles
sont démontrées
l'existence de Dieu, et la distinction de
l'âme et du corps, suivies d'objections
variées d'hommes savants sur ces démonstrations
de Dieu et de l'âme.
"Après y avoir bien pensé,
et avoir soigneusement examiné toutes choses,
enfin il faut conclure, et tenir pour constant
que cette proposition:
"Je suis, j'existe", est nécessairement
vraie, toutes les fois que
je la prononce, ou que je la conçois
en mon esprit.
[...] Je ne suis donc, précisément
parlant,
qu'une chose qui pense [...]
C'est-à-dire une chose qui
doute, qui conçoit, qui
affirme, qui nie, qui
veut, qui ne veut
pas, qui
imagine
aussi
et qui
sent."
Méditation seconde.
Les Méditations
métaphysiques
en anglais, en latin et dans la traduction française
du Duc de Luynes de 1647
par le College of Liberal Arts de Wright
State University
édition trilingue anglais
- latin - français.
Abrégé Des Six Méditations Suivantes
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Dans
la première, je mets en avant les raisons pour lesquelles nous
pouvons douter généralement de toutes choses, et particulièrement
des choses matérielles, au moins tant que nous n'aurons point d'autres
fondements dans les sciences, que ceux que nous avons eus jusqu'à
présent. Or, bien que l'utilité d'un doute si général
ne paraisse pas d'abord, elle est toutefois en cela très grande,
qu'il nous délivre de toutes sortes de préjugés, et
nous prépare un chemin très facile pour accoutumer notre
esprit à se détacher des sens, et enfin, en ce qu'il fait
qu'il n'est pas possible que nous ne puissions plus avoir aucun doute,
de ce que nous découvrirons après être véritable.
Dans
la seconde, l'esprit, qui, usant de sa propre liberté, suppose
que toutes les choses ne sont point, de l'existence desquelles il a le
moindre doute, reconnaît qu'il est absolument impossible que cependant
il n'existe pas lui-même. Ce qui est aussi d'une très grande
utilité, d'autant que par ce moyen il fait aisément distinction
des choses qui lui appartiennent, c'est- à- dire à la nature
intellectuelle, et de celles qui appartiennent au corps. Mais parce qu'il
peut arriver que quelques-uns attendent de moi en ce lieu- là des
raisons pour prouver l'immortalité de l'âme, j'estime les
devoir maintenant avertir, qu'ayant tâché de ne rien écrire
dans ce traité, dont je n'eusse des démonstrations très
exactes, je me suis vu obligé de suivre un ordre semblable à
celui dont se servent les géomètres, savoir est, d'advancer
toutes les choses desquelles dépend la proposition que l'on cherche,
avant que d'en rien conclure. Or la première et principale chose
qui est requise, avant que de connaître l'immortalité de l'âme,
est d'en former une conception claire et nette, et entièrement distincte
de toutes les conceptions que l'on peut avoir du corps : ce qui a été
fait en ce lieu- là. Il est requis, outre cela, de savoir que toutes
les choses que nous concevons clairement et distinctement sont vraies,
selon que nous les concevons : ce qui n'a pu être prouvé avant
la quatrième Méditation. De plus, il faut avoir une conception
distincte de la nature corporelle, laquelle se forme, partie dans cette
seconde, et partie dans la cinquième et sixième Méditation.
Et enfin, l'on doit conclure de tout cela que les choses que l'on conçoit
clairement et distinctement être des substances différentes,
comme l' on conçoit l' esprit et le corps, sont en effet des substances
diverses, et réellement distinctes les unes d'avec les autres :
et c'est ce que l'on conclut dans la sixième Méditation.
Et en la même aussi cela se confirme, de ce que nous ne concevons
aucun corps que comme divisible, au lieu que l'esprit, ou l'âme de
l'homme, ne se peut concevoir que comme indivisible : car, en effet, nous
ne pouvons concevoir la moitié d'aucune âme, comme nous pouvons
faire du plus petit de tous les corps ; en sorte que leurs natures ne sont
pas seulement reconnues diverses, mais même en quelque façon
contraires. Or il faut qu'ils sachent que je ne me suis pas engagé
d'en rien dire davantage en ce traité- ci, tant parce que cela suffit
pour montrer assez clairement que de la corruption du corps la mort de
l'âme ne s'ensuit pas, et ainsi pour donner aux hommes l'espérance
d'une seconde vie après la mort ; comme aussi parce que les prémisses
desquelles on peut conclure l'immortalité de l'âme, dépendent
de l'explication de toute la physique : premièrement, afin de savoir
que généralement toutes les substances, c'est- à-
dire toutes les choses qui ne peuvent exister sans être créées
de Dieu, sont de leur nature incorruptibles, et ne peuvent jamais cesser
d'être, si elles ne sont réduites au néant par ce même
Dieu qui leur veuille dénier son concours ordinaire. Et ensuite,
afin que l'on remarque que le corps, pris en général, est
une substance, c'est pourquoi aussi il ne périt point ; mais que
le corps humain, en tant qu'il diffère des autres corps, n'est formé
et composé que d'une certaine configuration de membres, et d'autres
semblables accidents ; et l'âme humaine, au contraire, n'est point
ainsi composée d'aucuns accidents, mais est une pure substance.
Car encore que tous ses accidents se changent, par exemple, qu'elle conçoive
de certaines choses, qu'elle en veuille d'autres, qu'elle en sente d'autres,
etc., c'est pourtant toujours la même âme ; au lieu que le
corps humain n'est pus le même, de cela seul que la figure de quelques-
unes de ses parties se trouve changée. D'où il s'ensuit que
le corps humain peut facilement périr, mais que l'esprit, ou l'âme
de l'homme (ce que je ne distingue point), est immortelle de sa nature.
Dans
la troisième Méditation, il me semble que j'ai expliqué
assez au long le principal argument dont je me sers pour prouver l'existence
de Dieu. Toutefois, afin que l'esprit du lecteur se pût plus aisément
abstraire des sens, je n'ai point voulu me servir en ce lieu- là
d'aucunes comparaisons tirées des choses corporelles, si bien que
peut- être il y est demeuré beaucoup d'obscurités,
lesquelles, comme j'espère, seront entièrement éclaircies
dans les réponses que j'ai faites aux objections qui m'ont depuis
été proposées. Comme, par exemple, il est assez difficile
d'entendre comment l'idée d'un être souverainement parfait,
laquelle se trouve en nous, contient tant de réalité objective,
c'est- à- dire participe par représentation à tant
de degrés d'être et de perfection, qu'elle doive nécessairement
venir d'une Cause souverainement parfaite. Mais je l'ai éclairci
dans ces réponses, par la comparaison d'une machine fort artificielle,
dont l' idée se rencontre dans l' esprit de quelque ouvrier ; car,
comme l'artifice objectif de cette idée doit avoir quelque cause,
à savoir la science de l'ouvrier, ou de quelque autre duquel il
l'ait apprise, de même il est impossible que l'idée de Dieu,
qui est en nous, n'ait pas Dieu même pour sa cause.
Dans
la quatrième, il est prouvé que les choses que nous concevons
fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies ; et ensemble
est expliqué en quoi consiste la raison de l'erreur ou fausseté
: ce qui doit nécessairement être su, tant pour confirmer
les vérités précédentes, que pour mieux entendre
celles qui suivent. Mais cependant il est à remarquer que je ne
traite nullement en ce lieu- là du péché, c'est- à-
dire de l'erreur qui se commet dans la poursuite du bien et du mal, mais
seulement de celle qui arrive dans le jugement et le discernement du vrai
et du faux ; et que je n'entends point y parler des choses qui appartiennent
à la foi, ou à la conduite de la vie, mais seulement de celles
qui regardent les vérités spéculatives et connues
par l'aide de la seule lumière naturelle.
Dans
la cinquième, outre que la nature corporelle prise en général
y est expliquée, l'existence de Dieu y est encore démontrée
par de nouvelles raisons, dans lesquelles toutefois il se peut rencontrer
quelques difficultés, mais qui seront résolues dans les réponses
aux objections qui m'ont été faites ; et aussi on y découvre
de quelle sorte il est véritable, que la certitude même des
démonstrations géométriques dépend de la connaissance
d'un Dieu.
Enfin,
dans la sixième, je distingue l'action de l'entendement d'avec
celle de l'imagination ; les marques de cette distinction y sont décrites.
J'y montre que l'âme de l'homme est réellement distincte du
corps, et toutefois qu'elle lui est si étroitement conjointe et
unie, qu'elle ne compose que comme une même chose avec lui. Toutes
les erreurs qui procèdent des sens y sont exposées, avec
les moyens de les éviter. Et enfin, j'y apporte toutes les raisons
desquelles on peut conclure l'existence des choses matérielles :
non que je les juge fort utiles pour prouver ce qu'elles prouvent, à
savoir, qu'il y a un monde, que les hommes ont des corps, et autres choses
semblables, qui n'ont jamais été mises en doute par aucun
homme de bon sens ; mais parce qu'en les considérant de près,
l'on vient à connaître qu'elles ne sont pas si fermes ni si
évidentes, que celles qui nous conduisent à la connaissance
de Dieu et de notre âme ; en sorte que celles- ci sont les plus certaines
et les plus évidentes qui puissent tomber en la connaissance de
l'esprit humain. Et c'est tout ce que j'ai eu dessein de prouver dans ces
six Méditations ; ce qui fait que j'omets ici beaucoup d'autres
questions, dont j'ai aussi parlé par occasion dans ce traité.
Les Méditations métaphysiques
sont suivies d'objections et de réponses aux objections,
ainsi que le mentionne la
page titre de l'édition française de M. DC. XLVII.,
qui illustrent les réticences des contemporains
et pemettent à Descartes
d'expliciter sa pensée. On les consultera
avec profit dans
l'édition des oeuvres complètes
de Descartes,
collection La Pleïade,
chez Gallimard.
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Toutes les images ont été
photographiées et numérisées,
les textes numérisés, et l'ensemble
réuni par Pierre Cohen-Bacrie

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moderne
Page modifiée le 9 mars 2008

Pierre Cohen-Bacrie

